jeudi 5 janvier 2012

Dans les rues de Yangon


Nous voici donc au Myanmar et notre première destination est la ville de Yangon, capitale du pays jusqu’à il n’y a pas si longtemps… 
Le gouvernement a fait déplacer la capitale à Pyinmana en 2005 sur les conseils d’un astrologue… Les Birmans sont très superstitieux!

Dès notre arrivée à l’aéroport, nous avons été mis dans le bain : 

Homme en longyi



ici, les hommes, tout comme les femmes, portent le longyi, le vêtement traditionnel birman. Le longyi est un tube de tissu dont la longueur va de la taille aux chevilles, qui est replié en 2 pans pour les hommes et forme un genre de nœud là où se trouverait la boucle de ceinture, et plié en un seul  pan sur le côté pour les femmes.. Bref, c’est une jupe longue! Le tissu pour les hommes est carotté et pour les femmes, il est surtout fleuri ou uni, avec une petite blouse ajustée et assortie. Les Écossais auraient dû penser au modèle long pour leur kilt, c’est plus chaud l’hiver!








Ce sont donc de charmants jeunes hommes en longyi couleur bordeaux qui nous ont accueillis et accompagnés jusqu’au bus nolisé de notre hôtel le Motherland II. C’était un  bus japonais des années 70, au nez arrondi, et surement rafistolé à plusieurs reprises, mais qui roulait! Après tout, les routes sont tellement défoncées que suspension ou pas, on a droit au shake’n bake… an' a haft!

Notre bus "nolisé"

Le volant est à gauche, comme chez nous. Ça fait changement de tous les autres pays sud-asiatiques où nous avons vagabondé ces derniers temps. Mais attendez …  Quand on regarde dehors, on remarque que la majorité autres véhicules ont le volant à droite… et roulent à droite… ça c’est étrange! L’explication est simple : pour rompre tous les liens avec l’héritage colonial britannique, les autorités ont décidé que tout le monde allait rouler à droite. On imagine bien le général en chef de l’armée décréter haut et fort : 
« Les gars, on oublie la gauche, c’est fini ce temps là!!! »
Et les gars de l’armée de répondre :
« Euh… ok mon général, mais on fait quoi avec nos voitures qui ont le volant à droite??? »
« ... ... Bin, on continue de rouler avec!!! »
Bravo mon général! Maintenant, il ne faut juste pas se tromper de côté les amis!!!
  
Dans le bus, nous avons fait la connaissance de Julie, une québécoise fraîchement débarquée de Laval qui débute un périple de 8 mois en Asie. Nous passerons pas mal de temps avec elle. Le cercle des voyageurs étrangers au Myanmar est un petit monde et nos routes finissent toujours pas se croiser! Notre Julie, elle est vraiment sympa et c’est sa première fois en Asie, alors ses découvertes sont très rafraîchissantes pour nous! 

Notre amie Julie, de Laval.

Nous voulions du dépaysement, nous sommes servis à Yangon! La seule balade en bus nous l’a prouvé, et notre exploration des rues nous l’aura confirmé!!! Les longyi sont une chose. Le désordre en est une autre. Dans les rues, des taxis rafistolés qui perdent des fois des morceaux, des bus et des pick-up bondés jusque sur le toit et les côtés, les vélos et les trishaw côtoient étroitement tout ce beau monde en évitant du mieux possible les trous, les chiens, et les flaques rouge. Les trishaw, ici,  sont de vieux vélos rafistolés à maintes reprises (comme tous les véhicules qui sillonnent les routes de ce pays) avec un siège passager posé en « side car » à droite du vélo où 2 personnes peuvent prendre place dos à dos. Les hommes qui pédalent ces engins sont souvent cachectiques, mais ont les jambes minces et musclés. Ils travaillent forts en transportant des gens de tout âges, des marchandises en tout genre, et parfois des touristes, mais ce n’est pas la norme : ici, l’homme blanc est vraiment une mini minorité. Il faut les voir rouler sur ces routes défoncées où les autres véhicules mettent leur vie en péril à chaque coup de pédale…  Ils sont bien braves ces gens!


Conducteur de trishaw et sa passagère
Une rue de Yangon

Beaucoup de vélo dans les rues de Yangon


Resto dans le Aung San Market

Un autre indice qui nous confirme que nous sommes au Myanmar : tous les spots rouge vif sur le sol, et ces hommes qui mâchonnent et crachent par terre en marchant, en conduisant, et même en pissant. Non, ce n’est pas du sang, mais c’est dégueux quand même, c’est le bétel. Définition selon le Lonely Planet : 

« Bétel- noix d’arec au pouvoir légèrement enivrant, mâché dans toute l’Asie » 


Bon, après presque 4 mois en Asie, on peut vous dire que c’est la première fois qu’on en voit, et c’est impossible de les manquer les machouilleux de bétel! Ils ont une dentition horrible, du jus rouge au coin de la bouche et il passe leur temps à cracher. Le but du jeu : éviter de marcher dedans! Surtout quand vous êtes nu-pied dans les pagodes! Parce que s’il y a tout un décorum à respecter quand on va à la pagode, cela exclu de mâcher et de cracher du bétel! 

Plusieurs crachats de bétel sur cette rue... mais on ne les voit pas sur cette photo! On voulait juste mettre cette photo quelque part dans l'article!


 Continuons dans les plantes… Ici, les femmes et les enfants portent sur le visage ce qui ressemble à de la craie jaunâtre : c’est le thanaka.  Encore une fois selon le Lonely Planet :

« Thanaka : pâte jaune tirée de l’écorce d’un arbre similaire au santal, que les femmes appliquent sur leur visage pour entretenir la peau, la protéger du soleil et se maquiller »

Elles sont bien gracieuses et coquettes ces femmes avec leur longue chevelure noire tressée dans le dos. Et que dire de la bouille des enfants, tout badigeonnés de thanaka ! Ils sont vraiment mignons! Nous sommes dans un autre monde, et on trippe à fond! 


Gamine avec la thanaka sur le visage

Quel bonheur d’être au Myanmar!

4 commentaires:

  1. Très intéressant ce pays. Beaucoup à découvrir. Merci Karyne pour les définitions, explications et superbes photos des gens dans leur quotidien.

    LOL pour le Shake and Bake...and a half!

    Je nous vois mal Dan et Moi dos à dos à faire mourir le pauvre yable qui essaierait de nous transporter LES DEUX EN MÊME TEMPS. Même un seul de nous serait trop. Ouf!

    Va-t-on voir Tchoubi en jupe traditionnelle? Avec sa camisole seven eleven? Class!
    Hélène

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  2. hahahaha! Comment t'as fait pour savoir qu'il avait mis sa camisole 7/11 avec son longyi??? Oui, je vais la mettre!!! A suivre!!!

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  3. Faut croire que je connais le Tchoub comme si c'est moi qui l'avais tricoté!!

    H.

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  4. Une culture tout à fait différente de celle de notre pays mais combien intéressante à voir merci encore et je suis contente de rencontrer Julie, mamie

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