lundi 14 mai 2012

Julie au Rinjani


Avant de vous raconter nos aventures à bord de la super croisière vers le parc national de Komodo, à destination de Flores, voici un petit intermed… 

Gunung Rinjani et ses 3 726 mètres



 Pendant que les Tchoubis coulaient des jours heureux à rien faire sur les Gilis, Julie allait vivre une autre de ses nombreuses aventures indonésiennes. Elle est allée faire l’ascension du volcan Rinjani, le 2e plus haut volcan d’Indonésie avec ses 3 726 mètres. Comme toujours, Julie en verra de toutes les couleurs entre son départ de Gili Air, et son retour à Sengigi (la ville sangsue) où nous la retrouverons 3 jours plus tard. Mais je la laisse raconter son aventure, avec quelques photos à l’appui, prise par elle-même pendant son périple. Les fans de trek et de volcans trouveront cela bien intéressant je pense…

Julie nous raconte…

« Le retour sur l’île de Lombock n’allait pas être aussi facile que je l’avais prévu… J ai manqué le « public boat » qui est parti plus tôt que prévu parce qu’il était plein. Pour partir, le « public boat » doit avoir un minimum de 25 passagers à bord. Encore une fois, j’étais la seule qui voulait le prendre. On a probablement eu pitié de moi parce qu’on m’a finalement fait monter a bord d’un petit bateau. 

À Bangsal, j’ai revu notre cher Awan qui m’a été encore une fois bien utile. De Bangsal, je devais trouver un moyen de me rendre à Senaru (ville de départ pour mon trek). Pas de transport public ! En 2 secondes, Awan a fait quelques téléphones, il a fait revenir sur ses pas un camion ayant a son bord 2 touristes se dirigeant vers Senaru, m’a fait monter sur une moto, a mis mon sac a dos sur une autre moto avec un autre conducteur et le tour était joué !  J’ai booké mon trek vers le Volcan Rinjani assise sur une moto et j’ai eu un super deal en plus ! Vraiment! 

Senaru, que plusieurs disent d’éviter m’a fait une bonne impression. Vue magnifique sur le volcan, l’océan, et les rizières dans les montagnes. Le sentiment de bien-être me faisait penser à celui que j’ai ressenti à Cemoro Lawang. Exploration des alentours. Senaru est une ville de départ pour les treks. Malgré ça, les gamins étaient très excités de voir une touriste sur la rue principale. Les gamins couraient, me criaient des « Hello !!!  Hello !!! ».

Rizières visibles depuis la chambre d'hôtel

 
Au homestay de l’agence de trek, j’ai rencontré mes partenaires de trek : des Français et des Allemands. J’allais aussi vite rencontrer les Tom Cat. C’est un insecte qui se tient près des rizières, il est un peu plus gros qu’une fourmi, mais il est noir et rouge. Son abdomen est équipé d’un petit dard qui, lorsqu’il te pique, te fait une brûlure. J avais lu à Sengigi un article dans un journal sur cet insecte. A Senaru, je suis vite devenue la « parano ». Il y en avait sur les murs, le plancher et même sur mon lit. Je vous confirme que je n’ai eu aucun mal à en tuer plusieurs. J’ai été épargnée, mais je crois que mon coloc de chambre, un peu trop relaxe, ne l’a pas été. Après les Tom cat, voilà qu’en sortant de ma chambre je découvrais un joli scorpion. Mon premier vrai scorpion. Je suis presque morte de peur. Pour finir, un gros scarabée a décidé de venir battre ses ailes - oui oui !  Ça vole - dans notre chambre. J’étais certaine que c’était une chauve-souris avec le bruit que ça faisait. Jen, mon coloc, a eu le courage de le chasser, après l’avoir perdu dans la chambre, malgré le bruit de défense épeurant de la fameuse bête. Je riais, je criais … de toute beauté! Quelle nuit reposante avant un trek !

Voici à quoi ressemble un "Tom cat" : un peu plus gros qu'une fourmi et il est rouge et noir. Leur piqûre forme une grosse plaie ressemblant à une brûlure. Nous avons vu le résultat sur le coloc pas assez méfiant de Julie

Le joli scorpion

Le trek de 3 jours et 2 nuits, allait m’amener lors du 3e jour au sommet du volcan Rinjani, le 2e plus haut sommet de l’Indonésie. J’adore la dynamique d’un trek.  Par contre, ça n'a pas été de tout repos. Je le compare au « Inca trail » du Machu Picchu. Le jour 1, nous avons marché plusieurs heures pour atteindre le campement qui se trouvait à environ 2600 m d altitude. Plusieurs heures à suer, à monter, à carrément escalader par moment les roches. Chapeau aux porteurs qui transportent 20 kg de marchandises et qui ont des flip-flop (tong) dans les pieds. Un peu de pluie, mais rien de dramatique. A notre arrive au premier campement, les nuages cachaient le paysage, pour disparaitre par moment et nous laisser voir l’ampleur et la beauté du paysage. D’un côté, on pouvait voir les 3 Gilis et le volcan Agung situé sur Bali. De l’autre côté, le lac Segara et le petit cratère Baru que nous allions voir de plus près le lendemain. En soirée, seules les étoiles, nos lampes frontales et le petit feu nous apportaient de la lumière. Tous crevés, nous avons vite sombré dans un sommeil profond.


c'est parti pour l'ascension du gunung Rinjani

Le stock est transporté par les porteurs dans des paniers
Ce sont aussi eux qui font la bouffe

Le petit cratère Baru

Le campement

Le lac Segara et le petit cratère Baru
De l'autre côté, panorama sur la mer et les 3 Gilis et le gunung (volcan) Agung de Bali. Une pensée pour les Tchoubis qui se trouve sur la première
On est dans le brouillard pour le repas

Le jour 2 débutait très tôt, avec le lever du soleil. Un autre spectacle magnifique. Cette deuxième journée allait aussi être difficile. Cette fois, 2 ou 3 heures de descente dans les roches, ou il fallait par moment s’agripper aux rampes. Un effort mental intense, question de rester concentrée et d’éviter de faire de faux pas. SPECTACULAIRE n’est même pas un mot assez fort pour décrire ce que j’ai vu…
 Un lac bleu, par endroit vert, un cratère au centre, des montagnes et des volcans.
Grandiose! 
Je ne pouvais pas m’empêcher de prendre tout plein de photos. C est surement à ce moment-là que j’ai perdu ma 2e  batterie de caméra…  ARG!! 
Petite baignade dans le lac sacré… J ai appris par après que ce lac est un lieu sacré pour les Hindous. Lors de cérémonies particulières, ils y amènent même des vaches qu’ils sacrifient en leur coupant la tête et en la lançant à l’eau. Ils y jettent même des bijoux en or. Ce lac est aussi un lieu populaire auprès des pêcheurs. Espèrent-ils trouver dans le ventre de leur poisson des bijoux en or?

Le jour 2 débute avec le lever du soleil
Les porteurs et leur flip-flop sont étonnant d'agilité!

Un lac bleu, par endroit vert, un cratère au centre, des montagnes et des volcans

Lac Segara, le petit cratère Baru, et le sommet du Rinjani

Julie, le lac Segara, et le cratère Baru

Après cette petite pause, il fallait monter jusqu’au campement 2. Des heures à grimper et a suer. Je pouvais tordre mes vêtements. Enfin, le campement 2 avait une source d’eau me permettant de me laver : 2 jours de sueur accumulée, il fallait que j’enlève ça! Bon, la fameuse source d’eau était en fait un filet d’eau. Vêtue de mon maillot de bain, je n’ai pas hésité à me mouiller malgré l’eau froide. Les porteurs venus remplir les gourdes ont trouve assez drôle de nous voir nous laver « à moitié » comme ils disaient. Il a aussi fallu, que je mette la main sur une plante supposément venimeuse. Par chance, les aiguilles des feuilles sont à peine entrées dans ma peau. J’ai par contre tout de suite eu une sensation de brûlure intense. Vite vite, j’ai mis ma main sous l eau. La sensation a durée 1 journée et la tout est ok. Fiou!!!
Du haut de notre 2 e campement, nous pouvions voir le Rinjani. Il semblait près, mais 3 heures de montée nous séparaient de lui. Soirée à discuter avec le guide Em, sous le regard des porteurs qui essaient de comprendre l’anglais. Un moment fort, quand Em a chanté du Cat Steven. Je les aime ces Indonésiens! 

Campement 2, demain le sommet!
Le "p'tit" bout qui reste


Le jour 3, nous devions quitter le campement a 3h00 am. C’est excitée, équipe de ma lampe frontale, de mes bâtons de marche, des mes multiples couches de vêtements et d’un sleeping bag dans le sac a dos ( pour le sommet) que j’ai commencé à faire l’ascension. Nous avions d’l’air des 7 nains dans Blanche –Neige, avec nos lampes. Nous avions 3hrs pour gravir les 1000m et arriver au sommet (3 724 m ) à temps pour le lever du soleil. J’ai donc décidé de ne pas prendre de longues pauses afin de garder le rythme. Je me parlais beaucoup dans ma tête. Ici aussi la concentration était essentielle. Un petit chemin dans les roches, le sable et de chaque côté,  le vide. J’avais tellement chaud que j’ai fait l ascension en t-shirt. Quelle sensation en arrivant au sommet. 

« YEEEEEEEEEEEEEE! »,

 que j ai crié, trop fière de moi. J ai été la 2e de mon groupe à atteindre le sommet. Le lever du soleil n’a pas été spectaculaire à cause des nuages, mais pour moi cette ascension l’a été. Comble de malchance, ma batterie de caméra a rendue l’âme après quelques prises. Les plus belles images sont dans ma tête.



Je me suis un peu trop énervée dans la descente vers le campement 2. J’en ai vite ressenti les effets sur mon genou droit. Il nous restait 5 hrs de descente à faire avant la fin du trek. Les 3 premières heures m’ont semblé interminables. Mon genou me faisait mal, j’avais l’impression d’avoir une jambe de bois impliable. Pas facile quand du dois descendre dans les racines et les roches. Par chance, mes compagnons trekkeurs et le guide ont pris soin de moi; prothèse pour le genou et petite pilules pour la douleur. Comme par magie, les choses se sont replacées et j ai pu, malgré la pluie torrentielle, avoir un rythme de marche normal pour finir ce trek. 



C’est heureux, entassés dans une boîte de pick-up, sous une bâche, que nous sommes revenus à Senaru.
Je suis de retour à Sengigi depuis quelques jours (et oui !). La ville n’a pas changé, mais nous savons maintenant comment réagir avec les vendeurs.

Nous quittons demain, pour une aventure des plus touristiques. Nous partons en croisière à bord d’un voilier à moteur, vers Komodo. “Hunting Komode by camera”  que ça s’appelle.
AHHAH! J’ai hâte de nous voir… »

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