vendredi 18 mai 2012

Virée en Ojek entre Bajawa, Bena et Luba

Route de Flores
Nous sommes sur l’île de Flores, notre 14e île indonésienne (sur plus de 17 000!). Nous avons touché terre dans le port de Labuan Bajo, la ville principale de l’île. Ceux qui aiment la plongée, il parait qu'il y a de super spots autour de Labuan Bajo, alors passez-y plus de temps! Nous, nous n’y serons qu’une seule nuit et partirons de bon matin le lendemain à destination de la ville de Bajawa, dans le centre de Flores. À notre grande surprise, le minivan qui nous a menés à destination était neuf et très confortable. Par contre, la route était longue : 
Flores est une île verdoyante et très montagneuse. Les panoramas sont juste magnifiques : volcans, rizières en toiles d’araignée, mer, forêts de bambou... Les routes sont belles, mais les innombrables virages en épingle réduisent la vitesse de conduite considérablement, et encore une fois, vive le Gravol! Nous avons mis 10h à atteindre notre destination, et quelle aventure que notre arrivée, à la nuit tombée, à Bajawa…

Imaginez-en 5 comme lui devant votre porte...

Nous sommes arrivés passé 18h, il faisait donc nuit noire à notre latitude et comme nous sommes à 1 100 mètres d’altitude, et il faisait plutôt frais, pour ne pas dire froid. Pour sortir du minivan, ce fut déjà une aventure: 5 gars avec leur casque de moto sur la tête se sont foutus devant la porte nous proposant leur service d’Ojek (motobike taxi) avec insistance, force rires aigus (un peu agressant), et en jacassant entre eux comme des pucelles. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils se foutent toujours devant les portes nous empêchant presque de sortir… comme si cela devait nous inciter à monter avec eux! C’est plutôt le contraire. 

Après ils ont voulu m’aider à mettre mon sac sur mon dos, mais le gars le tenait à l’envers… j’essayais de lui dire de soit le tourner, soit le déposer par terre, mais ils étaient tellement occupés à jacasser (et avait un anglais trop limité) que j’ai dû gentiment hausser le ton en criant « put it down and back off !!! »… oui, là, j’étais fatiguée! Je pense qu’ils n’ont même pas compris que le sac était à l’envers… bref! Ils ont évidemment trouvé ça très drôle que la touriste s’emporte ainsi! 

On se lave au bucket et à l'eau froide!
Nous étions un peu au milieu de nul part et dans le noir, mais le chauffeur de notre van nous a dit que nous pouvions marcher jusqu’à Bajawa « only 200 meters »… Nous avons marcher un moment en nous faisant harceler par tous les bemo passant par là, pour finalement se faire dire que Bajawa et son hôtel le plus proche était à 3 km… Nous avons fini la route à bord d’un bemo et trouvé refuge au Elizabeth Hotel. Nous avons fait connaissance avec Willy, le patron, un jeune indonésien dans le vent, un peu à l’ouest, mais très sympa qui adorait chanter à plein poumons se servant de son cellulaire comme micro en dansant dans sa cuisine! Nous avons fini par comprendre qu’il était amoureux… C'est beau un cœur amoureux!!!  

Sur Flores, le choix d'hôtel tout court est restreint et nous avons vite compris que nous en aurions peu pour notre argent sur cette île. Nous avions déjà fait une croix sur l'eau chaude depuis longtemps (quand il fait chaud, on en pas besoin), mais ici, il fait froid... Dans le coin, il faut juste oublier l'eau chaude, même quand on paye pour! C'est ça être routard et sortir des sentiers battus!

La raison de notre venue à Bajawa est que, dans ses environs, se trouvent les villages traditionnels Ngada, un des 5 principaux groupes linguistiques et culturels de l’île de Florès. Ce groupe ethnique vit principalement dans la région de Bajawa. De religion animiste à la base, la venue des missionnaires portugais et néerlandais a légèrement tintée leurs croyances de christianisme. Ah, j'ai oublié de vous dire que Flores doit son nom aux Portugais qui ont été les premiers à coloniser cette île. Les Néerlandais ont ensuite pris le relais, d'où la religion chrétienne. C'est étrange de voir  des tombes avec la croix catholique, en face des portes de maison, et  recouvertes d’offrandes : 
pour les habitants de Flores, l’enveloppe charnelle est sans vie, mais l’âme continue de vivre et il faut la nourrir. Le culte des ancêtres est aussi très présent dans ces villages. 

Luba, un village Ngada traditionnel, avec ses Ngadhu, ses maisons au toit de chaume, et le volcan Inerie en arrière plan.

Nous sommes allés visiter 2 villages Ngada dont les habitants vivent encore de manière traditionnelle. On reconnait ces villages à leurs maisons en bois à haut toit de chaume. 

Les maisons traditionnelles portent un haut toit de chaume et sont faites de bois (village de Bena)


Le village Ngada traditionnel est formé par 2 rangées de maison de bois à hauts toits de chaume.  Les 2 rangées se font face et au centre se trouvent les Ngadhu et les Bhaga, avec des piliers de pierres à hauteur d’homme disposés verticalement ou horizontalement. Le Ngadhu et le Bhaga sont les 2 particularités de la culture Ngada :  
Le Ngadhu est une structure en forme de parasol d’environ 3 mètres de haut fait d’une pôle en bois et d’un toit de chaume : c’est un symbole masculin. Le Bhaga est une maison à haut toit de chaume miniature, situé en face du parasol (Ngadhu), et est un symbole féminin. Ils symbolisent la présence constante et continue des ancêtres dans le village. 

À gauche, on voit 4 Ngadhu (parasol en chaume) et en face de ces derniers, les bhaga, les maisons au format miniature. Ils font toujours la paire, et leur nombre varie selon le nombre de clans dans le village.
Maison traditionnelle et ses habitants, à l'ombre des palmiers

Bena, un incontournable des villages Ngada. On voit bien les 2 rangées de maisons qui se font face, les Ngadhu et les Bhaga

Les piliers de pierre
Symbole clanique sur le toit d'une maison

Autre symbole clanique
JP jouant au foot avec un gamin aussi frisé que lui



Dans ces villages, les rituels entourant les naissances, les mariages, les décès, et la construction des maisons, se poursuivent encore aujourd’hui, ainsi que les rituels entourant l’agriculture et la fertilité du sol, comme les sacrifices sanglant de buffles. Les têtes, cornes, et mâchoires des animaux sacrifiés sont gardées et exposées sur les devantures des maisons, signes de prospérité de la famille.

Crânes de buffles mis bien en évidence devant la porte
Les Indonésiens de Flores sont différents physiquement des Indonésiens de Bali: ils ont la peau un peu plus foncée, le nez un peu plus épaté mais surtout, ils ont les cheveux frisés!

Julie se fait des amis partout où elle va!


Autre détail intéressant : les Ngada sont une société matriarcale, plutôt rare de nos jours! Le fiancé, une fois marié, rejoint la famille de son épouse. Les femmes semblent s'occuper de la cueillette, ou du moins, elles s'occupent du séchage des différentes récoltent!

Grains de café

Grains de café, fruits et gousse de vanille

Les noix de macadam: lorsqu'ils sèchent, ils font le même sont que les rice crispies dans le lait! Mais attention, des éclats de coquille peuvent surgir!

Les ti-légumes verts

Les haricots
 À Bena, il y avait un point de vue surplombant à la fois le village et les environs. C'était super joli. Nous avons eu de la chance car cette journée là, il a fait beau soleil!


Montagnes et mer au loin

Le pittoresque village de Bena

2 Tchoubis et une Julie



Nous avons visité 2 de ces villages grâce à nos super chauffeurs d’ojek, le motobike-taxi indonésien! C’était super sympa et le panorama autour de Bajawa grandiose. Les populations Ngada sont installées tout autour du gunung Inerie, un volcan conique de 2 240m d’altitude. 

Nos 3 chauffeurs d'Ojek : moi qui croyait être bronzée après la croisière...
Gunung Inerie 2 240 m

Sur les routes de Flores

 Nous avons roulé sur une route montagneuse qui serpentait entre les forêts de bambous élancés et le volcan. Ce dernier, souvent sous les nuages, nous a quand même montré timidement le bout de son nez! Nous avons bien ri tous les 3 avec nos chauffeurs d’ojek respectifs! JP avait le plus téméraire des 3, et moi, le plus timide. Nous avons fait les photos souvenirs.  Nous qui pensions être bronzés après la croisière, nous étions tous pâlottes à côté d’eux autres!



Le chauffeur de JP

Martin, le chauffeur de la Tchoubie! On avait des beaux casques!

Cool dudes! Ils avaient du style nos hommes!

C’était une super journée, et notre début difficile à Bajawa semblait un mauvais rêve après la gentillesse des gens du coin! 

Pour ceux qui aiment les vidéos, voici le son que font les noix de macadam lorsqu'ils sèchent  au soleil... attention, ça r'vole!



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