Le
Myanmar???
C’est où
ça???
C’est entre
l’Inde et la Thaïlande, et ressemble à un genre de cerf-volant sur la carte du
monde…
Peut-être
que le nom de Birmanie vous est plus familier…
Pas tant ?
Nous en convenons, ce
n’est pas le pays le plus connu d’Asie du Sud-Est, mais c’est surement un des
pays - pour ne pas dire le pays - les plus fascinants du coin! Nous ne l’avions
pas mis à notre itinéraire initial, mais comme la beauté de cette virée autour
du monde est de vivre au jour le jour et de modifier notre chemin comme bon
nous semble, nous avons changé d’idée, et nous voilà au Myanmar.
| drapeau du Myanmar |
Ce pays,
nous l’attendions depuis l’obtention de notre joli visa fait à KL. Nous avions
besoin de ce pays, et sans trop savoir exactement à quoi nous attendre, nous avions envie d’authenticité, de
difficultés, de dépaysement, de nouveau, de défi, de bouleversement…
Comprenez-nous bien : la Thaïlande, la Malaisie et Singapour sont des pays
magnifiques! Et les bobos malaisiens ont eu leurs lots de difficultés et
d’adaptation, nous n’enlevons rien à cela. Mais quand on voyage, quand on va à
la rencontre de nouvelles cultures et qu’on est sur la route depuis un moment
(nous avons fêté nos 8 mois le 30 novembre), on a besoin de sensations fortes,
de nouveaux, de piquants… Le voyage est une drogue, et sans être blasé,
peut-être qu’on s’habitue à certaine culture et qu’on a besoin de quelque chose
de plus fort, qui bouleverse les schémas connus, qui nous fait perdre nos
repères et qui nous apprend davantage sur nous mêmes et sur les cultures qui
peuplent notre planète…
Le Myanmar,
c’est tout ça!
Le Myanmar est un pays dont l’histoire unique et les conjectures
politiques des 70 dernières années rendent très particulier. Comme beaucoup de
pays asiatiques, il a subi la colonisation et ici, se sont les Britanniques qui
ont eu le contrôle total en 1885. Ce sont d’ailleurs eux qui ont donné le nom
de Birmanie à ce pays composés de plusieurs ethnies différentes qui ne
s’aimaient pas nécessairement les-unes les-autres. Comme l’ethnie la plus
nombreuse était les Bamars, les Britanniques ont nommé ce pays « Burma »,
qui sonne pas mal comme « Bamar ». Lors de l’indépendance du pays en
1947, le général Aung San était le leader du parti politique gagnant, mais il a
été assassiné avant de pouvoir entrer en fonction. Des années d’instabilité ont
régné jusqu’à ce qu’en 1962, le général Ne Win instaure une dictature militaire
et débute l’isolement du pays. Une marche vers le socialisme a eu lieu, mais ayant
les mêmes résultats que dans la majorité des pays socialistes : la junte
militaire est resté en contrôle du pays, et la population s’est appauvrie au
profit d’une minorité. Beaucoup de choses ont été nationalisées pour le bien de
la junte, mais au détriment de la population. En 1987-88, la population s’est
révoltée, réclamant le départ de Ne Win, mais les manifestations furent vite
réprimées par la junte et au moins 3 000 personnes ont été assassinées. La NLD, la Ligue Nationale pour la
Démocratie, est née en réponse à ce massacre et en opposition au parti en
place, et c’est la charismatique Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix 1991,
et la fille du général Aung San assassiné en 1947, qui était derrière ce succès.
La NLD remporta les élections en 1990, mais la junte s’opposa au passage de
pouvoir et elle fut assignée à résidence. C’était la première de plusieurs
assignations à résidence de La Dame de
Yangon. Plusieurs membres de son parti furent arrêtés et exilés voire tués.
Le nom du pays a changé pour République de l’Union du Myanmar, Rangon est
devenu Yangon, Pagan est devenu Bagan et d’autres noms de villes, vestiges du
colonialisme européen, ont aussi changé. La conduite automobile qui se faisait
à gauche fût changée pour la droite, mais les volants sont restés à droite…
La
communauté internationale commença à s’intéresser à ce pays où le travail forcé
était d’usage, où les gens étaient emprisonnés sans raison, où la démocratie
d’un peuple n’avait pas été reconnue et acceptée. Des embargos furent élevés
contre le pays, l’ONU et d’autres agences réagirent vivement aux graves
problèmes de santé, de travail forcé, et d’utilisation de civils à des tâches
militaires dangereuses (genre servir de détecteurs de mines). Lors de la 3e
arrestation d’Aung San Suu Kyi, en 2003, le président George W. Bush s’en ait
mêlé avec des sanctions économiques complètes qui amena, entre autre, le départ
de toutes les banques étrangères du pays, et la fermeture de nombreuses usines
de vêtements. Les européens ont aussi boycotté le pays, seule la compagnie
Total est restée en place. L’Inde et la Chine ont continué à soutenir le
régime, ayant des intérêts dans le pétrole et le commerce de certaines
substances (armes, opium, jade). En 2008, le Cyclone Nargis s’est abattu dans
le delta de l’Ayeyarwady et décima les populations du delta et de Yangon.
L’aide internationale ne fut pas autorisée à entrer dans le pays, et c’est au
moins 138 000 morts qui en résultèrent, ainsi qu’un accroissement de la
pauvreté et de la misère.
Jusqu’à
récemment, Aung San Suu Kyi disait que les birmans n’étaient pas prêt à
recevoir des touristes, que le tourisme leur ferait du mal et que cela
encouragerait la junte à poursuivre ses activités allant à l’encontre des
Droits de l’Homme. Dernièrement, les propos ont changé en ce sens où la
présence d’étrangers pouvait avoir une influence sur le respect de Droits
Humains Fondamentaux. La junte a accepté les pourparlers avec Aung San Suu Kyi qui a été libéré en
février 2011. Lors de notre passage à Yangon, Hilary Clinton était en visite
officielle et a été autorisé à rencontrer la Dame. Il s’agissait de la première
visite diplomatique officielle depuis 60 ans. Cette année, le nombre de
touristes est plus élevé que les dernières années. Est-ce que cela apportera du
bon aux birmans? C’est une histoire à suivre…
(pour les intéresser, Luc Besson a récemment réaliser un film sur la vie d'Aung San Su Kyi:
The Lady, à ne pas manquer si vous avez la chance!)
En
attendant, quand on décide de visiter le Myanmar, on se doit de faire du
tourisme responsable, et ce n’est malheureusement pas toujours le cas, nous en
avons eu des exemples accablants que nous vous raconterons en temps et lieu.
Nous, nous nous sommes efforcés de prendre les meilleures décisions possibles,
mais ce n’est pas toujours facile. Nous avons opté pour des hôtels chez des
particuliers plutôt que dans les entreprises gouvernementales. Nous avons
choisi différents restos pour répartir nos sous dans différents commerces ou
familles… Nous avons tenté de ne pas céder devant la facilité. Nous avons
l’impression que tous nos gestes ont un impact sur la population de ce pays.
Ici, des occidentaux, on en voit peu, alors autant faire bonne impression! Les
gens sont contents de nous voir, et il faut que ça reste comme ça!!! Mais nous
prédisons que ce pays deviendra la mode dans les prochaines années, et nous
sommes heureux de le visiter avant le grand boom et pendant qu’on peut encore
boire du Star Cola et du Lemon Sparkling, au lieu du Coca cola et du Sprite!
Au fil des prochains articles, nous vous invitons à découvrir le Myanmar!
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