Nous avons quitté Sengigi sans aucun regret, et même avec un grand soulagement. Nous avons sauté dans un Blue Bird Taxi de bon matin pour le port de Bangsal, lieu de départ des bateaux pour les Gilis. Le chauffeur s'est tout de même assuré d'entrer dans le stationnement du port qui nous a coûté chacun 1 000 Rp! C'est qu'il aurait pu nous débarquer juste avant le guichet, mais dans ce coin de Lombok, c'est comme ça, on aide ses amis, et les étrangers, ils peuvent payer!
Nous avons failli nous faire avoir par une agence sans scrupule qui voulait nous envoyer sur Gili Meno au prix normal, mais en omettant de nous dire qu'il n'y avait pas assez de passagers pour cette destination, donc pas de départ ce jour là... Si nous n'avions pas continué notre route, le mec serait venu nous voir après le départ de tous les "public boat" pour nous dire que malheureusement, nous avions manqué tous les départs et que le seul moyen de se rendre sur les îles était avec un fastboat, pour le triple, voir le quadruple du prix... Mais il ne savait pas que nous avions le JPS avec nous, et il ne savait pas à quel point on commence à avoir l'habitude de rechercher l'information!
Nous sommes donc allés à la billetterie officielle du port où on nous a dit qu'il fallait oublier Gili Meno ce jour là, mais qu'on pouvait aller sur Gili Air sans problème: 8 000 Rp plus tard, nous disions au revoir au gros mec bedonnant qui avait essayé de nous "fourrer" en lui lançant un petit
" You play, you lose budy" .
Et nous voilà seuls étrangers, à nouveau, à bord d'un "
public boat", en compagnie de plusieurs familles à destination de l'île de Gili Air. Cette fois, le chargement du bateau est beaucoup plus exotique: des gros sacs de riz empilés, des paniers de fruits et de légumes, de l'eau fraîche, des bacs de styromousse semblant contenir des popsicle, ou mieux, rempli de glace pilés avec des queues de poissons qui dépassent, mais pas de poulet cette fois!
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| "public boat", Bangsal- Gili Air |
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| Extérieur de notre bungalow |
Pendant que nous attendions le départ du bateau, nous avions fait la connaissance d'Awan, un type bien sympa. Nous avions beaucoup discuté avec lui, et pour finir, il nous avait dit qu'il avait un endroit à nous proposer sur l'île, qu'il nous invitait à aller voir. Après avoir bravé les vagues en sautant dans l'eau jusqu'au mollets avec nos gros sacs sur le dos, nous avons opté pour son établissement.
Un conseil: évitez les valises sur roues si vous allez sur les îles en Indonésie: il faut vous mouiller les pieds, et rouler une valise dans le sable, c'est pas pratique!
Nous avions un charmant petit bungalow avec balcon et une grande salle de bain à l'indonésienne -
à ciel ouvert - au
Nina Cottages & Cafe.
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| Notre lit, et la porte de la salle de bain |
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| Notre toilette est sous le toit, mais par le lavabo |
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| Notre douche, protégé par le toit |
Nous prenions donc notre douche dehors, et pouvions trôner en regardant les étoiles!
Ce bungalow était super à 2 détails près...
Premièrement, il était habité...
Oui, nous étions dans le domicile de Mister G
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| Mister G, nous observant depuis le plafond de la douche |
Mister G est un gecko.
Un gecko, pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont de petits lézards qui vivent surtout la nuit. Ils mangent des insectes, comme les moustiques, et peuvent être très mignons. Ils peuvent aussi être bruyant car ils doivent leur nom au son qu'ils font... Au début,on dirait qu'ils se "crinquent" puis une série de " guecckô! guecckô! guecckô!" gutturaux sortent de leur petit corps! Notre Mister G avait tendance à en faire 5 en ligne de ces "guecckô", et aimait manifesté son mécontentement face à notre présence en faisant au moins une grosse crotte par jour sur notre plancher... qui tombait depuis le plafond, bien sûr! Par chance, aucune ne nous ait tombé sur la tête
Le second détail, je ne l'ai appris qu'après notre départ de G. Air. Un matin, JP avait de la visite nichée sur ses palmes:
un bébé scorpion!
Une chance que je n'en ai rien su à ce moment là, parce que ça aurait été la panique à bord!
NON MAIS QUELLE HORREUR CETTE CHOSE!!!
Au début, nous étions un peu déçu d'être sur Gili Air car à l'origine, nous voulions aller sur Gili Meno, la plus petite des 3 célèbres Gilis. Mais les choses se sont passées autrement et il s'est avéré que Gili AIr était la plus sympathique, la plus agréable, et la plus authentique des 3 grâce à ses habitants. C'est ici qu'on retrouve la plus grande population locale - les sasaks- des 3 Gilis, et cela lui apporte une ambiance que nous n'avons pas trouvé sur les 2 autres îles.
Nous aimions passer nos journée au bord de la mer, et nous rendre, tous les soirs, à notre warung préféré, au centre de l'île, pour déguster les plats locaux. De notre table, nous pouvions profiter de l'ambiance de fin de journée qui règne sur l'île, à l'heure du souper: les vélo silencieux, les gamins qui jouent dans la rue, les hommes et femmes en longi se rendant à la mosquée... ce côté vert de l'île avait beaucoup de charme.
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| La route étroite qui serpente à l'intérieur de l'île. Ici, pas de voiture, ni de moto: on marche, on roule à vélo ou en calèche. |
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| En ce qui concerne les calèches, nous, on a donné! Mais ça a son charme! |
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| La rue des Warung |
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| Notre Warung préféré |
Le
Warung Gili nous a charmé! Tous les soirs nous nous réjouissions de revoir la petite famille qui tenait ce bui-bui de nourriture sasak et indonésienne. Nous avons goûté à tout ce qu'il y avait sur le menu! Les prix étaient difficiles à battre ailleurs sur l'île, et tout était tellement bon!
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| Poisson grillé, sauce chilly, manière sasak |
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| Gado-Gado Ayam - légumes bouillis au poulet, sauce aux arachides |
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| Nasi Campur - ce riz mélanger avec ses accompagnements différents chaque jour et à chaque warung. Celui-ci est celui du Warung Muslim: il était délicieux, mais tellement épicé qu'on en pleurait! Le Nasi Campur, on adore! |
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| Ceci était mon plat préféré! Je l'ai pris 3 soirs de suite: "Ikan kelak santan" ou poisson mijoté dans le lait de coco et les épices, un genre de soupe au poisson... Tellement bon! |
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| "Urap-Urap" des légumes bouillis dans le lait de coco, mangé en bord de la mer |
Le spectacle de la vie de tous les jours commençait en fin d'après-midi
pour nous. Tous les soirs, un groupe d'enfants apparaissait pendant que
la marée descendait. Ils partaient à la chasse aux bestioles des mer! Nous avions beaucoup de plaisir à les regarder jouer dans l'eau: un groupe d'amis de toujours, nés sur l'île de Gili Air.
Et nos journée, nous les passions au bord de l'eau. Notre premier spot, ce n'était pas une belle plage de sable blanc. C'était plutôt une douloureuse plage de coraux morts! Mais nous avions des chaises longues et des petits
gazebo où s'installer, bronzer, regarder le paysage... JP et Julie faisaient du snorkeling, pendant que moi, je lisais
Shantaram, un des meilleurs livres que j'ai lu dans ma vie!
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| plage de coraux morts |
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| Bateau traditionnel à balancier |
Les coraux morts, c'est à cause de certains pêcheurs qui, jusqu'à il n'y a pas si longtemps, pêchaient le gros poisson à la dynamite... ouin, pas fort ! Résultat, la destruction des coraux! Mais heureusement, ce temps est révolu, et les fonds marins se reconstruisent tranquillement. Mais les coraux continuent de s'échouer sur les plages de Gili Air.
Les pêcheurs pêchent de manière écologique maintenant, et ils sont comiques à regarder, surtout avec leur chapeau-modifié:
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| Les pêcheurs au travail, à marée basse, l'eau jusqu'à la taille et parfois sous les aisselles |
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| Ils ont leur chapeau qui les protègent du soleil, mais qui servent aussi retenir plein de choses au sec, comme un paquet de cigarette |
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| Comme ça, tout est accessible, sur le chapeau! Ingénieux! |
Nous avons fait le tour de l'île et trouvé d'autres sortes de plage. Gili Air, c'est vraiment très beau!
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| Lombok au loin |
Pour nous, cette île était parfaite!
Un petit coin de paradis!