dimanche 1 avril 2012

Arrivée à Katmandou: histoires de retrouvailles, de Momo et de Kumari...


Katmandou…
La mystique, la libertine, la permissive…  


Déco de notre sdb!
Difficile à croire qu’ici, il y a à peine 30 ans, c’était un petit village-royaume. Une explosion touristique et démographique s’est produite dans ce paradis des hippies. Ceux que nous croisons qui ont vécu (ou survécu) à cette époque nous décrivent avec un peu de tristesse nostalgique que tout a bien changé depuis... Si l’odeur du hash est bien présente et que la substance est consommée avec tolérance un peu partout, cette époque est bien révolue! Mais lorsque nous marchons dans des rues comme Paknajol, nous sommes tout de suite charmés par la ville et cette dernière nous rappelle qu’elle a grossi trop vite et que le monde rural est toujours dominant dans le pays.


Le Yellow House
C’est enrhumés et beaucoup plus fatigués que nous le croyions que nous sommes arrivés au Yellow House de Katmandou. Cette adresse nous avait été recommandée par Émilie et Charles, rencontrés au Cambodge. Le jardin tant vanté par Charles était ce qui nous avait poussés à venir ici, mais à notre arrivée, le guesthouse est en travaux et il n’y a plus de jardin! Le patron suisse-romand très sympathique, s’est fait retirer son jardin (il n’en était pas propriétaire, et l’homme a décidé de le reprendre). Bon, c’est pas si grave, parce qu’après tout, on se les gèle ici! Il fait 5°C la nuit, et avec le rhume ramené en souvenir de notre soirée sur le Gange, c’est sous la couette que nous avons envie d’être!  


La vue depuis le toit de notre guesthouse


Sly, the one and only!
Il faut dire que quelque chose d’encore plus sympa qu’un jardin nous attendait au Yellow House : notre ami Sylvain, un Queb rencontré à Bangkok et revu aux Perhentians nous y rejoint pour 2 semaines de délire!!! Nous sommes tous les 3 en piteux état cela dit : Sly du à ces 3 premiers mois de boulot à Dubaï, et les Tchoubis ont le contrecoup de 20 jours intenses passés sur les routes de l’Inde.  Nous serons donc bien tranquilles pour nos 3 premiers jours en sol népalais et la Tchoubie aura droit à « un beau cass’ » : une magnifique tuque en poil de yak (elle est tellement belle!) !!! 
Et du sirop pour la toux! 

Nous sommes heureux de nous retrouver dans un guesthouse et on s'y est tout de suite sentis chez-nous au Yellow House!  Nous avons eu de jolis hôtels en Inde, bien décorés et tout, mais le charme, l'accueil et l'ambiance d'un guesthouse sont tellement plus sympas! Et ce n'est pas dans un grand hôtel de luxe que nous aurions fait la connaissance du « vieux-hippie-qui-passe-ses-journées-à-fumer-du-hash-avec-classe »  (il a un genre de filtre-porte-cigarettes), ni du « gars-qui-rit-tout-le-temps-qui-est-toujours-au-téléphone-et-qui-habite-dans-une-autre-guesthouse-mais-qui-est-toujours-ici », sans oublier ceux que nous nommons affectueusement  les « eux-ils-ont-compris-quelque-chose » qui leur tournent autour car ils ont de bonnes plugs pour trouver du bon hash. Ces gens semblent tout droit sortis d’une autre époque, ou vouloir fuir l’époque actuelle, mais ils sont très sympas, relax et zen. Et ils sont comme un peu rassurant pour nous qui n'avons pas de chez-nous: ils sont toujours là! C'est une forme de stabilité dans notre tourbillon de vie actuel. Nous reviendrons 3 fois au Yellow House, et ils seront toujours là! 


Pendant ces 3 premiers jours à Katmandou, nous ferons un petit tour dans Durbar Square et goûterons nos premiers Momo : les Momo , sont un plat typique du coin. En fait, pour être exacte, les Momo sont un plat traditionnel tibétain. Ce sont des raviolis farcis aux légumes, ou au poulet, ou à la viande de yak, ou de buff (du buffle, la vache est sacrée au Népal aussi, alors on ne la tue pas et on ne la mange pas!), et ils sont soient cuits à la vapeur ou frits. Au Népal, il y a même un festival du Momo, et on lui invente toutes sortes de saveurs! Il y en a même aux pommes ou au chocolat, pour dessert!
 
« C’est bon les Momo » 
(à dire en chantant, vous demanderez à JP). 

Nous sommes tout de suite tombés amoureux des Momo!  Les veg momo steam et les buff momo fried sont les meilleurs!!! Nous vous montrerons plus tard où on trouve les meilleurs Momo du Népal!!! Pour l’instant, c’est sur une terrasse de Durbar Square à Katmandou que nous dégustons nos premiers Momo, avec une jolie vue sur la place grouillante d’activités!

Nos premiers veg  Momo... avouez que c'est trop jolis des Momo!!!

Durbar Square de Katmandou

Freak Street


Après les Momo, nous avons visité l’Ancien Palais Royal et son musée que nous avons bien apprécié. Nous comprenons maintenant l’engouement de notre ami Emil pour les statues : on en veut une!!! 

Hahaha! Mais on a pas de place, alors on oublie ça! 

Nous sommes ensuite entrés dans une petite cour intérieure qui nous semblait bien banale, mis à part la beauté du bâtiment qui l’entourait et les magnifiques ciselures des cadres de portes/fenêtres/balcons pour nous rendre compte que la cour était pleine de monde et que tout le monde regardait vers le haut, dans la même direction. Bon… même si nous étions tous les 3 crevés, nous avons décidé d’attendre un peu, et avons lancé le JPS dans le Routard pour qu’il essaie de figurer où nous étions, et qu’est-ce que tout le monde pouvait bien attendre comme ça. 



Et bien voilà l’histoire :
Nous étions dans le Kumari Bahal, Kumari signifiant « déesse vivante » et Bahal « demeure ». Nous sommes donc dans la demeure d’une déesse vivante???


Kumari Bahal, vue de l'extérieur


 Et bien croyez-le ou non, mais oui! Et plus que ça : nous avons même eu la chance de la voir la déesse, avec nos yeux!!! Oui oui!!! À quoi elle ressemble la kumari de Katmandou?

La Kumari Devi de Katmandou (photo d'une photo)
 À une fillette de 7 ans, full maquillée et au regard triste… 

La jeune fille est choisi vers l’âge de 4 ans, selon une série de 32 critères très très précis (dont l’horoscope, la forme des dents, la couleur des yeux, la caste de naissance…), passe un test censé traumatiser un enfant de 4 ans (genre voir 108 têtes de buffles sanguinolentes et des hommes déguisés en monstres) et doit reconnaître des objets ayant appartenus à l’ancienne kumari. L’heureuse élue est donc l’incarnation vivante d’une déesse et vient vivre dans ce palais avec sa famille où sa vie ne ressemblera aucunement à celle d’une enfant parce que ces pouvoirs de déesse disparaissent si elle perd du sang...  Alors pas de jeux pour la petite kumari et pas de sortie dans la cour, et pas d’école avec les amis! Et le jour où elle commence ses règles, ont lui donne des cadeaux d’adieu et elle repart avec sa famille dans son ancienne maison pour reprendre une vie normale ou presque!


Il est rare de pouvoir apercevoir la kumari car elle ne sort jamais, sauf à l’occasion de certaines fêtes traditionnelles très importantes. Mais il arrive que des groupes de riches touristes paient un backshish pour pouvoir la voir… 
Et qui se trouvaient dans le Kumari Bahal en même temps que nous à ce moment là??? 
Oui, des riches touristes qui avaient payé le backshish et qui attendaient pour voir la Kumari! 

Personne ne nous a mis dehors, alors nous avons attendu! Là, les gars de la sécurité s’assurent que tous les appareils photos, vidéo, portables ou autres soient rangés : il est strictement interdit de photographier la kumari (on pense que c’est une histoire d’exclusivité de cartes postales…). Et puis nous l’avons vu! Pendant un gros 5 secondes, elle a posé son regard de déesse sur la foule et nous avons été bénis par la kumari! Qui eut pensé qu’on verrait un jour une vraie déesse! Intéressant comme expérience, cela dit!


Notre séjour au Népal se passe sous de bons augures, ça promet!

Coucher de soleil sur le Monkey Temple, vu depuis notre guesthouse

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire